On m’a demandé plusieurs fois comment ne pas avoir des photos floues dans des situations assez critiques du type faible luminosité (en intérieur bien souvent) et/ou sujets susceptibles de bouger (plus ou moins rapidement), sujet classique en photo et pour lequel nous nous sommes posés souvent la question.

Avant tout, distinguons 2 types de flous :

  • le flou de bougé, dû au photographe qui tient son APN. Le photographe a des micros tremblements et en-dessous d’une certaine vitesse d’obturation ou temps de pose , ces micros-tremblements provoqueront une mauvaise stabilité du réflex, ce qui donnera le flou (on considère qu’en dessous 1/60, ce n’est jamais très bon). Ce cas de flou peut être corrigé en partie grâce aux stabilisateurs (sur l’optique ou directement dans le réflex) qui compensent les tremblements du photographe,
  • le flou dû au sujet : de manière similaire, le flou sera déclenché cette fois-ci par le sujet photographié : en deçà d’une vitesse, le sujet sera trop rapide, ce qui déclenchera un flou de ce dernier, un manque de netteté là encore sur le rendu de la photo.

Alors, quelles recettes pour éviter d’avoir des photos floues et les rendre les plus nettes possible ?

Tout ou presque est question de lumière. Avec peu de lumière, en mode semi-automatique / semi-manuel (j’entends les modes principaux priorité à l’ouverture ou priorité à la vitesse d’obturation), l’APN, afin d’avoir la meilleure exposition possible, devra augmenter le temps de pose (vitesse lente) afin d’avoir plus longtemps la lumière qui arrive sur le capteur, et donc les micros-tremblements, ou bien le sujet rapide, provoqueront le flou.

Aussi, l’objectif, d’une façon générale, et plus particulièrement en mode priorité à l’ouverture, c’est d’obtenir une vitesse d’obturation plus rapide (par exemple 1/100 au lieu de 1/50) afin de réduire le flou de bougé ou de rattraper les mouvements du sujet. Personnellement, lorsque je shoot, j’ai constamment un oeil sur la vitesse qui est indiquée dans le viseur, et à partir de là, entreprends certaines actions pour l’améliorer le cas échéant.

Une liste non exhaustive d’actions à entreprendre dans ce seul objectif, pas forcément dans l’ordre de priorité, tout est souvent affaire de compromis :

  • utilisation d’un flash externe de type Cobra ou interne, qui permet d’avoir une vitesse de synchronisation avec l’APN entre 1/200 et 1/250 selon les réflex, ce qui permet d’avoir une très grande marge, plus de problèmes de flou bien souvent. Le flash, j’essaie le plus souvent de l’éviter, car son usage est délicat et assez difficile, à moins d’en faire un style (strobist). J’ai pour habitude en intérieur d’utiliser une carte de visite, mise sur le flash, celui-ci orienté vers le plafond, cela joue de rôle de réflecteur, pour une lumière plus douce (j’avais trouvé cette astuce sur obturations). Le flash interne, à exclure si possible, sauf si on n’a plus le choix, dans ce cas, il faudra le diminuer (-1 stop par exemple),
  • monter en ISO, selon le réflex, cela peut être un bon compromis pour obtenir une meilleure vitesse. Certains réflex (le 50D par exemple), traite assez bien les hautes sensibilités. Ensuite, les logiciels de traitements (DxO Optics) arrivent à faire des merveilles. Bien entendu, monter en ISO (800, 1 600, 3 200 voire plus) jouera sur la qualité de la photo, rendue moins nette. Sur le 50D, en intérieur, j’enclenche les ISO automatiques, cela fait un paramètre de moins à régler, je le désarme si je veux ajuster au plus près,
  • si possible, avoir un objectif à ouverture constante (l’ouverture ne varie pas selon la focale) et la plus grande possible, un 2.8 est déjà pas mal, le 1.8 encore mieux (dans le cas d’objectifs fixes), en dessous, d’autres problèmes se posent. Plus le chiffre est petit, plus l’optique fera passer une grande quantité de lumière et plus le prix grimpe. Malheureusement, les objectifs de milieu de gamme, à ouverture constante et grande (2.8), n’ont pas leur meilleur piqué dès la plus grande ouverture, il faut souvent fermer un peu (à 3.2, 3.5 voire plus) afin d’obtenir un meilleur piqué. Le prix (élevé) de l’objectif résout souvent cette question : le Canon 24-70 L f/2.8 pique dès 2.8, où le Tamron 28-75 f/2.8 commence à être bon à partir de 3.5, compromis, compromis,
  • si possible, si la situation est difficile, éviter de zoomer, cela permettra de respecter une règle simple liée à la fameuse vitesse : ne pas aller en-deçà de 1/(focale*facteur recadrage), moyen mnémotechnique simple (et grossier) pour descendre le risque de flou. Sur les APS-C Canon, le facteur de recadrage est de 1,6, le plein format de…1, un 4/3 (le GF1 à titre d’exemple) de 2. Aussi, avec un 50D, si on est à une focale de 60mm, il faudra descendre en dessous de 1/(60*1.6) =~ 1/100 en vitesse d’obturation, au risque d’obtenir un flou de bougé. Sur des sujets en mouvements, il faudra peut-être plus, 1/150 voire plus.
  • sous-exposer d’1 IL sur l’APN permet aussi de gagner en vitesse. Le réflex aura besoin de moins de pose pour arriver à une exposition plus faible en raison du réglage. En intérieur, ça peut aider aussi, même si la netteté s’en ressent je trouve.

Voilà quelques astuces afin d’éviter ce délicat problème du flou, très commun lorsqu’on débute : investir dans un objectif « lumineux » (au moins 2.8 ou des fixes à 1.8, le 50mm II f/1.8 voire le 1.4 un poil plus cher), un boitier qui gère bien les hautes sensibilités (ISO à 1 600, 3 200 ou plus), un flash cobra.